Total: 7e jour de grève, la direction reçoit à nouveau les syndicats


Rencontre entre syndicats et direction de Total pour tenter de trouver une solution au conflit qui paralyse les raffineries françaises et menace l’approvisionnement des stations. (L’équipe de Mondial Infos)

Christophe de Margerie le 21 février 2010 à l'issue d'une rencontre avec le ministère de l'Industrie à Paris © AFP Francois Guillot

PARIS (AFP) – Au septième jour de grève dans les raffineries, la direction de Total reçoit aujourd’hui les syndicats pour tenter de sortir du conflit, alors que le risque de pénurie semble contenu, malgré quelques problèmes ponctuels dans les stations.
Sous la pression de l’Elysée et face au spectre d’une pénurie de carburant Total a donné rendez-vous aux syndicats ce mardi, sa proposition d’avancer une réunion cruciale pour le site de Dunkerque n’ayant pas suffi à mettre un terme au conflit dans les raffineries.

« Nous irons à la réunion mais nous ne signerons un relevé de fin de conflit que s’il est approuvé par les personnels en assemblée générale », a prévenu Charles Foulard, coordinateur CGT pour le groupe. Son syndicat, majoritaire, a jugé insuffisant le fait d’avoir avancé du 29 au 8 mars le prochain CCE consacré au site des Flandres et l’évolution du raffinage en France.

Charles Foulard, délégué CGT le 21 février 2010 à la Défense © AFP/Archives Fred Dufour

Pour la CGT deux points demeurent essentiels pour mettre fin à la grève: des garanties de Total de ne pas fermer ou céder de raffineries pendant la durée d’un plan d’investissement sur plusieurs années qui doit être présenté et un engagement du gouvernement sur une table-ronde consacrée au raffinage en France, assorti d’un calendrier.

La Fédération CFDT chimie et énergie a appelé à suspendre le mouvement mais cette position est contestée dans certaines raffineries, comme à Grandpuits (Seine et Marne) et Feyzin (Rhône).

Au sixième jour de grève, sur 2.600 stations-service Elf et Total, 127 étaient à court d’au moins un carburant lundi à 17H00. Le ministère de l’Energie a affirmé que les stations concernées par ces ruptures d’approvisionnement devraient être « réapprovisionnées dans la journée ». A Dunkerque, les salariés de Total ont appelé les consommateurs à « créer la pénurie » en achetant du carburant pour renforcer la pression sur l’industriel.

Le directeur général de Total, Christophe de Margerie, en déplacement à New York, a estimé que Total allait « trouver une solution pour éviter » une pénurie.

Dans la matinée, le ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, puis l’Elysée ont durci le ton à l’égard de l’industriel. M. Estrosi demandait au groupe pétrolier « de réunir à brève échéance son comité d’entreprise afin de clarifier sa position » sur la raffinerie de Dunkerque.

Puis l’ex-patron du groupe et actuel président du conseil d’administration, Thierry Desmarest, a été reçu à l’Elysée mais aucun détail de la rencontre n’a filtré.

Peu après Total annonçait que pour « répondre à l’attente des salariés et des organisations syndicales », le comité central d’entreprise (CCE) prévu le 29 mars était avancé au 8 mars, soit quelques jours avant les élections régionales.

Mais à Dunkerque, où la raffinerie est arrêtée depuis septembre, les salariés ont voté lundi la reconduction de la grève malgré cette annonce, en raison d’interrogations persistantes sur l’avenir de ce site et plus globalement sur le raffinage en France.

« Le devenir de tous les sites, les investissements, on avait demandé que pour un minimum de cinq ans, il n’y ait pas de cession et pas de fermeture », a détaillé Philippe Wullens, délégué Sud.

La direction de Total a réitéré lundi ses engagements à demander une table-ronde le 4 mars sur « l’avenir du raffinage de Total en France », au cours de laquelle les « investissements à cinq ans pour chaque site seront présentés et discutés ».

Une autre table-ronde est proposée pour le deuxième trimestre pour examiner la question du raffinage au niveau national.

La CGT a aussi appelé les personnels de deux raffineries Exxonmobil, à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) et Port-Jérôme-Gravenchon, près du Havre (Seine-Maritime), à rejoindre la grève à partir de mardi.
© 2010 AFP

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