Irak : jour férié pour le retrait américain des villes

Rédigé par Elisa   // 30 juin 2009   // 0 commentaires

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BAGDAD (AFP) – Les Irakiens se réveilleront le 1er juillet avec le sentiment d’avoir tourné une page douloureuse de leur histoire: ils ne croiseront plus désormais de patrouilles américaines dans leurs villes.
Ils auront seulement à faire aux forces de l’ordre irakiennes, dont les membres portent quasiment le même uniforme que les GI’s et circulent dans des « humvees » (des véhicules blindés) couleur sable offerts par la Force multinationale.

Des soldats américains se réunissent alors que commencent les préparatifs de leur retrait, à Bagdad, le 24 juin 2009 © AFP Ali al-Saadi

Des soldats américains se réunissent alors que commencent les préparatifs de leur retrait, à Bagdad, le 24 juin 2009 © AFP Ali al-Saadi

Pour marquer l’évènement, le gouvernement a décidé de faire du 30 juin un jour férié et le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a affirmé qu’il s’agissait d’un « évènement heureux » méritant d’être fêté.

Un nombre limité de soldats américains, chargés d’entraîner et de conseiller leurs collègues irakiens, pourront cependant rester en ville, alors que le gros des troupes sera regroupé dans des casernes à l’extérieur, conformément à l’accord de sécurité signé l’an dernier entre Bagdad et Washington. Les troupes américaines interviendront dans les agglomérations uniquement si les forces de sécurité irakiennes le leur demandent
Les responsables irakiens se déclarent confiants dans la capacité des 750.000 soldats et policiers d’assurer la sécurité même s’ils sont persuadés que les insurgés vont tenter de commettre des attentats sanglants pour démontrer l’inanité des forces de l’ordre.

« Le retrait ne signifie pas la fin des défis sécuritaires mais nos forces sont capables d’y faire face », a assuré récemment le ministre de l’Intérieur Jawad al-Bolani.

Forces irakiennes le 29 juin 2009 à Bassorah © AFP Essam -al-Sudani

Forces irakiennes le 29 juin 2009 à Bassorah © AFP Essam -al-Sudani

Les 500.000 policiers et 250.000 soldats irakiens sont déjà largement déployés dans les villes et le général Ray Odierno, le plus haut gradé américain en Irak, a assuré que la majorité de ses troupes avait déjà quitté les cités.

Reste à savoir si la sécurité s’est stabilisée de manière permanente ou si la violence peut à nouveau faire des ravages comme c’est le cas depuis quinze jours avec les attentats dans la province de Kirkouk (nord), près de Nassiriyah (sud) et à Sadr City, à Bagdad, où des véhicules piégés ont tué plus de 150 personnes.

Des soldats américains de la Compagnie C rassemblent leurs affaires, le 24 juin 2009 à Bagdad © AFP Ali al-Saadi

Des soldats américains de la Compagnie C rassemblent leurs affaires, le 24 juin 2009 à Bagdad © AFP Ali al-Saadi

M. Maliki a accusé les extrémistes sunnites et les affidés de Saddam Hussein de commettre ces attentats et fustigé le silence des pays arabes et musulmans face à la multiplication des attaques anti-chiites.

Mais la violence est en nette décrue depuis plus d’un an et le mois de mai a été le moins meurtrier depuis l’invasion conduite par les Etats-Unis en 2003.

Ce retour au calme a poussé les autorités à rouvrir de nombreux axes routiers et M. Maliki a ordonné que tous les murs en béton obstruant des rues soient enlevés de la capitale avant fin 2009.

Le général Odierno a récemment indiqué que la nouvelle tâche de ses troupes consisterait à entraîner et conseiller les forces irakiennes pour qu’elles soient fin prêtes à la fin 2011 lorsque les soldats américains quitteront totalement l’Irak. D’ici là, les Etats-Unis apporteront aussi un soutien logistique, notamment en matière de transport, car l’Irak manque cruellement d’hélicoptères et d’avions.

En plus du transfert des bases, les Américains ont décidé d’offrir à leurs collègues irakiens 8.500 humvees, dont 5.000 sont déjà livrés, a précisé le général Odierno. Ils vont aussi progressivement libérer une partie des 11.000 détenus entre leurs mains ou les transférer aux Irakiens ou dans deux camps de détention américains qui passeront sous autorité irakienne en 2010.

L’an prochain aussi, en août, selon la volonté du président Barack Obama, la majorité des troupes de combat aura plié bagage et il ne restera qu’une force résiduelle de 50.000 hommes en Irak, jusqu’à la fin 2011, date du retrait final.

 

© 2009 AFP


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