Ouverture du procès du « dentiste de l’horreur »

C’est ce 8 mars au matin que s’est ouvert, devant le tribunal correctionnel de Nevers, le très médiatique procès du Néerlandais Mark Van Nierop. Celui qu’on surnomme le « dentiste de l’horreur » comparaît pour avoir mutilé et escroqué une centaine de patients dans la Nièvre.

C’est en 2008 que Mark Van Nierop ouvre son cabinet dentaire à Château-Chinon, en plein désert médical dans le Morvan. Les problèmes commencent en mars 2011, quand l’Ordre des chirurgiens-dentistes dépose une plainte pour pratiques illégales à l’encontre de l’épouse du praticien qui exerçait comme prothésiste dentaire sans diplôme. La Sécurité sociale relève également de fréquents problèmes de facturation, s’en suivent les plaintes de plusieurs patients.

Sylviane Boulesteix, 65 ans, declare : « Il m’a fait sept ou huit piqûres, arraché huit dents d’un coup et posé un appareil dentaire à vif. Je pissais le sang pendant trois jours ! ». Bernard Hugon, 80 ans, qui se fait arracher une racine, se retrouve avec « des bouts de chair qui pendaient partout et un trou énorme laissé béant. J’ai fait une quinzaine de visites, il en a compté 117 à la Sécurité sociale ! » C’est également la facturation de quinze soins en une seule visite qui sème le doute chez Nicole Martin, venue consulter au départ pour la réparation d’un composite.
« Toutes les fois, il nous faisait ce qu’il appelait une petite piqûre et on était endormi, lessivé, on avait la moitié de la figure endormie pendant cinq ou six heures », cette dernière a eu des dents saines dévitalisées, des dents arrachées à cause d’abcès et s’est vu poser une couronne trop petite. En 2013, elle constitue un « collectif dentaire » qui réunira au total 120 victimes. À l’ouverture du procès, elle déclare être angoissée à l’idée d’affronter à nouveau le dentiste.

Mis en examen et placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire le 7 juin 2013, la compagne de Mark Van Nierop signale sa disparition le 26 décembre 2013. En fuite au Canada, il sera interpellé en septembre 2014 puis tente de se sucider. Extradé vers les Pays-Bas, il dit avoir tué sa première femme, être transsexuel… Il souhaite surtout éviter de revenir en France, où il encourt dix ans de prison et 150 000 euros d’amende, souligne Mme Martin.

Notons tout de même que le dentiste était déjà soumis à des sanctions disciplinaires après des plaintes aux Pays-Bas !